Bienvenue dans ton sanctuaire où tout est possible

 

Le livre-dragon 1

Ton personnage apparaît dans cette histoire, il est en train de prendre forme dans le papier et l'encre de l'écriture. Ça y est, le voilà ! Il a ton apparence, tes cheveux, ta taille, tes vêtements. C'est toi, dans notre monde, sauf que tu es aussi toujours là, en train de lire ce livre.

Disons que tu es bien à l'abri en train de lire et en même temps ici, avec nous. Ainsi, rien ne peut t'arriver.

Regarde autour de toi : tu te trouves dans une forêt éclairée par de doux rayons de soleil. Il y a une atmosphère magique ici, tu peux le sentir, n'est-ce pas ? Les arbres ont des formes étranges et les fleurs sont plus belles et plus grosses que toutes celles que tu as pu voir. Quelque chose est différent dans ce lieu, comme si tu n'étais plus tout à fait sur Terre. Peut-être dans une sorte d'autre dimension ?

Tu entends des bruits de clapotis d'eau, comme une cascade… mais en prêtant l'oreille, tu réalises que l'eau qui coule semble former une musique délicate, très agréable. Chaque chose et chaque être sont artistes dans notre monde, cher humain. Même l'eau est une musicienne de talent.

Même toi, et surtout toi, tu es plus talentueux que tous les artistes de ta planète, ici. Et sais-tu pourquoi ? Parce que chez nous, tu deviens celui que tu es vraiment, sans aucune limite.

Tiens, regarde cet oiseau magnifique aux mille couleurs qui vole vers toi ! Laisse-le se poser sur ton épaule. Voilà. Vas-y, caresse-le ! Il est doux comme de la soie, n'est-ce pas ? Mais… que fait-il ? On dirait qu'il souffle quelque chose à ton oreille. C'est un son que nul ne peut entendre parce qu'il s'adresse directement à ton âme.

Sache que cet oiseau fabuleux est l'Oiseau des Dons. Lorsqu'il chante quelque chose à ton oreille, cela signifie qu'il t'offre un don artistique exceptionnel. Ça peut être le don de peindre des paysages d'une éblouissante réalité ou encore d'écrire des histoires si passionnantes qu'elles se réalisent dans de lointains univers… Il y a tout un tas de dons artistiques, tu sais.

Dis-lui simplement merci. Tu découvriras un jour quel don il t'a offert dans ta vie réelle. Le voilà qui s'en va déjà chanter sa joie de vivre à travers la forêt de Méliande. Fais-lui un signe d'au revoir. Tu reverras peut-être cet oiseau multicolore en te promenant dans la nature ou dans une rêverie de ton imagination.

Bref, je te disais que tu es un artiste incroyable dans notre monde. Je vais te le prouver : ferme les yeux et souffle doucement et longtemps. Maintenant, ouvre les yeux. Regarde, tu viens de créer un petit nuage en forme d'ange qui s'envole doucement pour prendre place dans le ciel ! Tu peux en fabriquer autant que tu veux, aucun ange-nuage ne se ressemble. Mais si tu en fais trop, le ciel va devenir très nuageux et il n'y aura plus de soleil !

Je vais donc t'apprendre à fabriquer des soleils. Rien de plus facile ! Pense à quelque chose de très joyeux en souriant et en même temps, fais semblant de malaxer une boule dans ta main, comme de la pâte à modeler invisible. Pétris cette boule jusqu'à ce qu'elle soit bien ronde. Tu vois en même temps une boule de lumière apparaître entre tes mains. Ouvre-les, à présent. Tu tiens entre tes doigts un petit soleil qui brille de plus en plus fort ! Il ne te reste plus qu'à le lancer vers le ciel. Vas-y !

Voilà ton petit soleil très haut dans les cieux. Dans notre ciel, on peut mettre autant de soleils qu'on veut, et la température reste très douce !

Mais… as-tu vu le buisson bouger derrière toi ? Je parie que quelqu'un est en train de t'espionner. Regarde donc de plus près. Ça alors, un lutin ! Un lutin haut comme trois pommes vêtu d'une espèce de pyjama rouge et d'un bonnet avec un pompon assorti. Dis-lui donc que ce n'est pas l'heure d'aller dormir ! Non, je plaisante… ne lui dis pas ça, tu risquerais de lui faire de la peine. Dis-lui juste…

– Bonjour, lutin curieux ! As-tu quelque chose à me dire ?

Les pommettes du petit lutin rougissent :

– Mon nom est Dumbou. Je t'ai vu lire notre livre, et j'ai sauté dans l'histoire pour te rejoindre. Il n'y a pas que moi, j'ai vu plein d'autres Esprits de la forêt le faire aussi, mais ils se cachent un peu partout. C'est juste que… on n'a pas vraiment l'habitude de se montrer aux humains. Nous sommes très timides, il ne faut pas nous en vouloir…

– Je suis content que tu sois là, au contraire !

Dumbou pousse un soupir de soulagement en t'entendant prononcer ces mots !

Rassurée elle aussi, une toute petite créature volette vers toi. Sa peau est rosée, sa chevelure délicate est longue et blanche… et elle a des ailes qui ressemblent à des pétales de fleurs couleur rose poudre. C'est une fée !

– Et moi je suis Elvina, te dit-elle d'une voix fluette. Je sais où tu peux trouver une licorne si tu as besoin de te déplacer. Ce sont les chevaux magiques de notre monde.

– D'accord, Elvina, aide-moi à trouver une licorne !

À ton plus grand étonnement, elle s'élève et secoue ses mains au-dessus de ta tête. Une poudre argentée scintillante s'échappe de ses doigts et fond doucement sur toi ; tu la sens sur ton visage, sur tes bras. C'est très doux. Tu entends la fée murmurer :

 

« Ô Unique et sublime cheval d'éternité

Qui se cache à l'intérieur de tout être aimé,

Déploie ton élégance et ta suprême beauté. »

 

Tu réalises alors que quelque chose est en train de se produire en toi… tu ne sais pas vraiment ce dont il s'agit, mais c'est une sensation très bizarre. Tu ressens le besoin irrésistible de te mettre à quatre pattes, comme si tu ne supportais plus de rester appuyé uniquement sur tes jambes.

Tu poses donc tes mains par terre devant toi… et là, STUPÉFACTION !

Ce ne sont plus des mains que tu as, mais des sabots ! Tandis que tes bras sont recouverts d'un poil brillant et soyeux couleur ivoire.

La petite fée vole doucement vers toi :

– Ne crains rien, j'ai fait de toi une créature de la forêt de Méliande. Te voilà devenu une licorne !

Tu te précipites à quatre pattes vers la petite rivière située à quelques mètres et tu observes ton reflet.

Tu découvres dans l'eau l'image d'une licorne gracieuse et fine, couleur crème pâtissière. Une superbe corne émerge fièrement entre tes deux yeux immenses. Mais oui, c'est bien toi ! Tu as juste subi une petite métamorphose…

– Ne t'inquiètes pas, tu ne resteras pas comme ça pour toujours, te murmure le lutin au pyjama rouge en s'approchant prudemment. C'est très courant de changer d'apparence, ici.

Mais tu n'es pas du tout inquiet. Au contraire ! Tu ne t'es jamais senti aussi bien de toute ta vie.

– Montez ! lances-tu à tes deux compagnons.

Tandis que Dumbou et la petite fée s'installent sur ton dos d'animal, tu t'élances au galop à travers la forêt, enivré par ta propre vitesse.

Le vent secoue ta crinière dans tous les sens, tes sabots effleurent à peine le sol dans leur élan. Comme c'est excitant ! Tu avances droit devant sans te poser de questions, étourdi par le paysage qui défile à vive allure autour de toi. Quelle liberté ! Une envie irrésistible d'aller plus vite monte en toi, d'aller toujours plus vite. Tu te sens capable de dépasser la vitesse de la lumière ! Et si tu essayais vraiment de la dépasser ? Allez, tu peux encore accélérer ! Oui, je sais que tu ne vois plus qu'une bouillie de couleurs autour de toi, c'est normal à cette vitesse. Mais peu importe, tu es dans un monde surnaturel, mon pote ! Tout est permis !

Tu n'as plus du tout l'impression de galoper à présent, mais de voler. Oh oui, tes sabots ne touchent même plus terre ! Mais… ce sont bien des ailes que je vois pousser dans ton dos ! Regarde en bas : oui, tu voles ! Tu viens de t'élever au-dessus du sol.

– Yahou ! s'écrie le lutin en riant.

Agite donc tes jolies ailes : elles sont bien réelles et elles sont bien à toi. Ne savais-tu donc pas que lorsque les licornes poussent leur vitesse au maximum, elles finissent par s'envoler ? Évidemment que tu ne le savais pas, c'est juste histoire de papoter.

Si tu agites tes ailes un peu plus vite, tu t'envoleras plus haut. Vas-y, essaie. C'est amusant, non ?

Tiens, regarde, voilà le nuage en forme d'ange que tu as fabriqué tout à l'heure ! Tu le reconnais ?

Soudain, la voix d'un homme se fait entendre, une voix grave et puissante. Elle vient de partout, semble-t-il :

« Je sais qui tu es et pourquoi tu as entrepris ce voyage. Viens à moi, petit humain intrépide. Il n'y a qu'un seul chemin pour cela, et c'est le même chemin pour toutes les directions : suis ton cœur. »

 
 



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